Ma materniphose

Lorsque je n’étais pas encore sur la blogosphère mais que l’envie me titillait, je me disais que s’il y avait un sujet dont je devais parler, c’était bien celui de ma transformation en maman ! Alors, on va me rétorquer que je n’ai pas inventé l’eau chaude : sujet bateau, lu et relu, commenté et reposté… Je répondrai que vous avez raison et que si le sujet vous ennuie à la lecture des deux premières lignes, vous pouvez cliquer sur la petite croix dans votre navigateur. Et pour celles et ceux (?) qui sont un brin curieux, voici donc l’histoire de ma materniphose.

D’abord, il faut savoir que j’ai eu mon premier enfant sur le “tard” si on estime comme moi que 35 ans, c’est tard. Non pas que je me sente “mémé”, mais quand on sait que la moyenne d’âge du premier enfant est France est de 30 ans, on peut valablement affirmer que 35 ans, c’est tard – ou en tout cas plus tard que la moyenne…

Mais cette première grossesse semi-tardive était tout à fait choisie (comprenez : pas de problème particulier de fécondité puisque enceinte après 4 mois d’essais). Car avant de passer le cap de ma trente-cinquième année, je ne voulais pas d’enfant, enfin pas tout de suite, pas maintenant. Trop occupée professionnellement, pas d’intérêt particulier pour la marmaille… On me disait souvent “tu verras, l’instinct maternel te rattrapera…”. Eh bien, non. Ce n’est pas une furieuse envie d’avoir un bébé qui m’est tombée dessus mais plutôt l’approche du fatidique chiffre 35 qui m’a décidé à franchir le cap. J’ai toujours voulu avoir des enfants (réelle envie ? schéma programmé ? je n’en sais rien…) mais je n’étais pas pressée. A l’aube de ma 35e année, j’ai seulement commencé à flipper de peut-être ne pas pouvoir en avoir : 35 ans, c’est l’âge où la fécondité de la femme diminue sensiblement selon les sacro-saintes statistiques…

Et un jour… bam ! Un test de grossesse, un petit signe + qui apparaît et c’est toute ma vie qui bascule en quelques secondes. Je suis enceinte. Je regarde mon ventre en pensant “il vient de me faire coucou”, une émotion toute nouvelle me submerge, je pleure… Cet instinct maternel dont on me rabâchait les oreilles, je le sens m’envahir tout d’un coup. Il m’a prise en traite, sans que j’y sois préparée. Ce jour-là, je suis devenue Maman, là, assise sur le trône, après mon petit-déjeuner, à 6H30 du matin…

Et puis il y a eu cette fois où j’ai entendu son coeur battre pour la première fois… J’étais dans cette salle froide et trop grande, allongée, les yeux rivés au plafond en attendant le verdict des deux ‘experts’ quant à une potentielle grossesse extra-utérine. J’ai entendu ce son indéfinissable et cette phrase qui a claqué dans mes oreilles : “ça, c’est le coeur de VOTRE bébé”. Cette fois, il me disait “bonjour, maman”. J’ai retenu mes larmes parce que je ne voulais pas pleurer de bonheur devant des inconnus. Cela faisait seulement 3 semaines que j’étais enceinte et déjà un lien très fort s’était tissé entre lui et moi : j’étais définitivement une maman, sa maman. Le gynécologue lui-même en était persuadé (“votre bébé”) !

Et ce nouveau statut s’est confirmé tout au long de ma grossesse avec des émotions toujours plus fortes :  la première échographie avec son père à mes côtés, les ballades en voiture rien que tous les deux avec la musique à fond, son premier coup de pied…et tous les autres, le jour où j’ai senti qu’il s’était retourné, les soirs où il bougeait dans tous les sens, les matins où il dormait encore et où je lui demandais de me faire un petit signe… Tous ces moments de maman, quoi !

Et un jour, il s’est décidé à montrer le bout de son nez… Je me souviens m’être dit pendant ce cours instant où nos regards se sont croisés pour la toute première fois : “enfin, tu es là”. Ce jour-là, pour le reste du monde, je devenais une maman. Moi, je savais que je l’étais depuis 9 mois déjà. En revanche j’ai compris que ce que je ressentais depuis ces nombreux mois, ce n’était pas l’instinct maternel mais l’Amour maternel.

Et cette “materniphose” a réorienté ma vie. Elle m’a permis de relativiser sur ce qui était vraiment important et de me poser les bonnes questions, les vraies questions. J’ai alors décidé de vendre ma petite entreprise, de profiter de mon bébé et d’endosser pleinement ce statut de maman.

A l’origine de ce chamboulement : un simple signe +…

6 commentaires

  1. maellefeedesboites says:

    Joli article, tout pareil pour moi, au détail près que j’avais 26 ans quand je suis tombée enceinte. Mais bouleversement aussi dans mon coeur après le pipi magique, la première écho de la cacahuète, la première écho avec le papa, les premiers coups de pieds ou de fesses… tout tout tout… même que d’y repenser, j’ai bien hâte de recommencer :)

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